Il était une superbe bâtisse fortifiée avec ses demeures liées les unes aux autres dans une cohésion qui assure leur résistance face aux conditions climatiques et à l'influence humaine.
Jadis, les Ighrems jouèrent un rôle primordial dans la survie de leurs habitants. Ils fussent bâti sur des positions dominantes permettant de contrôler les oasis ainsi que toutes les voies d'accès sur toute la zone.
Au début des années 80 les habitants, surtout les plus aisés, quittent Ighrem pour s'offrir une nouvelle demeure aux alentours d'Ighrem, une sorte d'exode si j'ose dire. Leurs anciennes maisons les laissent aux pauvres gens qui rejoignent Ighrem pour s'y installer. Quelques années après, la majorité des propriétaires quittent Ighrem pour rejoindre leurs nouvelles maisons et Ighrem devient de plus en plus moins habité.
Les anciennes maisons ont besoin d'un entretien régulier surtout après de fortes pluies, c'est une sorte de massage après une épreuve. Ces demeures sont livrées à elles même, aux enfants qui y jouent et au climat. Après le passage d'orage les toits sont susceptibles d'être vulnérables et troués ce qui permettrait à l'eau d'envahir toute la maison. Orage après orage, et sans l'intervention des propriétaires et/ou de Taqbilt, cet Ighrem devient inhabitable et apparaît comme un fantôme dont son histoire nous hante à tout instant.
Il n'y a pas très longtemps un budget a été réservé pour réhabiliter certains Ighrems surtout à Tafilalet et aussi à Tinejdad. Le notre n'en a pas le droit? Qu'attendent ces propriétaires et/ou Taqbilt pour demander la réhabilitation de cet Ighrem?
Par ce biais, nous tenons à alerter toutes les consciences de la menace et la peur dont vivent ceux qui habitent encore ces maisons.
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